• Isabella, Keats (extraits)

    Qui ne s'est attardé dans un vert cimetière
    En laissant sont esprit, taupe démoniaque,
    Fouiller le sol argileux et le dur gravier,
    Pour voir le crâne, les os, la robe funéraire,
    Et, par pitié, loger encore une âme humaine
    Dans ces formes rongées par la mort affamée?
    Ah! Ce serait une fête auprès de l'émoi
    D'Isabella à genoux devant son Lorenzo.


    Bientôt elle déterre un gant sale sur lequel

    Sa soie s'était jouée en fantaisies pourpres,
    Le baisant d'une lèvre plus froide que la pierre,
    Voici qu'elle le met sur son sein où il dessèche
    et glace jusqu'aux os ces fruits délicats
    Faits pour calmer les pleurs d'un enfant.
    Puis, à l'oeuvre à nouveau, elle n'interrompt sa tâche
    Que pour rejeter le voile de sa chevelure.


    ...

    D'un fer plus émoussé que l'épée de Persée,
    Elle trancha, non le crâne informe d'un monstre,
    Mais une tête aimable, harmonieuse en la mort
    Comme en la vie. Les anciens bardes l'ont dit,
    L'Amour ne meurt jamais, mais vit, Seigneur immortel.
    Si l'Amour incarné jamais ne connut la mort,
    C'est lui que la pâle Isabella baisa, plaintive.
    Un amour glacé - bien mort, mais non détrôné.


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